Lorsque nous évoquons la franc-maçonnerie, les premières choses qui nous viennent à l’esprit tournent essentiellement autour du secret, du complot et de la secte.  

Les francs-maçons sont souvent décriés et mal perçus car ils seraient aux commandes d’un ordre mondial agissant dans l’ombre. Mais si le fait d’appartenir à la confrérie des francs-maçons aide bel et bien ses membres à atteindre des postes importants grâce à un réseautage ésotérique et mystérieux, il ne faut pas réduire la franc-maçonnerie à un club affairiste et élitiste qui serait seulement motivé par le pouvoir et l’argent. Il y a derrière tout cela une dimension spirituelle d’une immense richesse et d’une immense profondeur. 

Si la franc-maçonnerie est globalement mal connue et mal comprise, c’est certainement parce qu’il est très difficile de lui accoler une définition unique et universelle (au-delà du fait qu’évidemment cette organisation soit secrète et qu’elle agisse dans l’ombre). C’est pourquoi nous ne nous essaierons pas à la définition de la franc-maçonnerie et nous prendrons volontiers la définition donnée par le Grand Orient de France, principale obédience franc-maçonnique de France : « La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ». À la lecture de cette définition, on comprend bien que l’objectif principal de la franc-maçonnerie n’est pas d’accéder au pouvoir du monde. 

Pour ne pas occulter cette dimension essentielle de la franc-maçonnerie, il convient de remonter aux origines de l’organisation. Les premiers francs-maçons, qui étaient alors des « maîtres-maçons », c’est-à-dire les seuls maçons détenteurs des secrets permettant l’édification d’églises, de cathédrales et de temples, et qui étaient « francs » dans le sens de « libres », libérés du joug clérical de l’époque, apparaissent au XIIème siècle. On parle pour cette époque de franc-maçonnerie « opérative » car elle se composait essentiellement de maçons avec un véritable savoir-faire architectural. Les francs-maçons étaient alors très proches des Templiers pour qui ils édifiaient de magnifiques temples en échange de protection. On comprend donc facilement pourquoi cette forme originelle de la franc-maçonnerie s’essouffle rapidement à partir du début du XIVème siècle, alors que la demande de construction d’églises et de cathédrales est de plus en plus faible et que l’ordre des Templiers est dissous en 1312. 

La franc-maçonnerie ne réapparaîtra qu’au XVIIIème siècle en Écosse et en Angleterre, mais sous une toute autre forme : on parle désormais de franc-maçonnerie « spéculative », ou philosophique. 

En effet, cette franc-maçonnerie renaissante ne se compose plus de beaucoup de maçons à proprement parler. La majorité de ses membres n’ont aucune connaissance en l’art de la construction, ce sont des nobles, des prêtres ou encore des bourgeoisOn ne rejoint plus la franc-maçonnerie pour les secrets ancestrales qu’elle conserve mais plutôt pour sa dimension spirituelle : la quête constante de vérité, sur le monde mais surtout sur soi-même. Le temple qu’édifient les francs-maçons n’est plus fait de pierre, c’est un temple spirituel fait d’idées. 

À partir de cette renaissance de la franc-maçonnerie, et hormis quelques périodes sombres de notre histoire où les francs-maçons étaient chassés et devaient donc se cacherces derniers voient leur nombre augmenter considérablement.  

Aujourd’hui, on compte environ 180 000 membres de la franc-maçonnerie en France, et presque 3 millions dans le monde entierMais au-delà de leur grand nombre, c’est surtout par leur place occupée dans la société que les francs-maçons ont un important pouvoir d’influence. Toutefois, il faut noter que ce dernier est de plus en plus faible comparé à ce qu’il a pu être par le passé : à titre d’exemple, relevons que de 1873 à 1931, la République française a connu 6 chefs d’État francs-maçons. Aujourd’hui, les francs-maçons n’ont plus du tout cette capacité d’influence de la sphère politique française. 

Mais ce n’est pas pour autant que la franc-maçonnerie se meurt, bien au contraire. Elle continue d‘intégrer bon nombre de nouvelles recrues chaque année afin de participer à « l’édification du temple ». Alors pourquoi ne pas se rendre à l’une de leurs « tenue blanche ouverte » (équivalent des journées portes ouvertes) ? Peut-être que les francs-maçons vous prendrons volontiers pour votre stage de fin d’année… 

 

 -Mattéo Bernard

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