Bien évidemment, la crise de la Covid-19 a eu un lourd impact sur l’immigration en France. Comme titrait récemment Les Echos : « Le Covid a fait plonger l’immigration en France ». 

Tous les types de flux migratoires ont été bouleversés par cette crise d’une ampleur inégalable. Le tourisme s’est effondré, la migration économique a fondu, et surtout, le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile a considérablement chuté. Tout a été déstabilisé par la Covid.  

 

712 000 visas touristiques ont été délivrés en 2020, contre 3,5 millions l’année passée. Le tourisme est en berne dans le pays qui habituellement peut se targuer d’être le plus visité au monde. Sacré coup dur pour notre économie lorsqu’on sait que l’activité touristique génère environ 7% du PIB français… En même temps, la peur du virus, les lourdes restrictions sanitaires, la fermeture des espaces culturels, des restaurants et d’une partie des établissements hôteliers, ainsi que le coup de frein imposé au trafic aérien et la fermeture temporaire des frontières n’aident pas vraiment… 

Cela ne favorise pas non plus l’immigration économique. En effet, les titres de séjour économiques accordés aux travailleurs saisonniers, aux chercheurs, et à tous les individus venant sur le sol français pour entreprendre une activité économique ont considérablement dégringolé (-31%) : mauvaise nouvelle supplémentaire pour l’économie et la société françaises. 

Enfin et surtout, la Covid a profondément impacté l’arrivée des réfugiés et demandeurs d’asile sur notre sol hexagonal. Oui notre quotidien, nos habitudes, et notre vie ont été ébranlés. Mais qu’en est-il de leur vie à eux, eux qui avaient pour but de trouver refuge sur le sol français ?  

En 2020, la France a connu une baisse de demandes d’asile de 41%. Oui vous avez bien lu : 41%.  

Les fermetures temporaires des frontières, les difficultés d’emploi, ainsi que la suspension de certains services pendant le confinement (notamment les GUDA, guichets uniques pour demandeurs d’asile) ont considérablement freiné ce phénomène. L’image d’une France terre d’asile ressort écornée de cette première année de pandémie. Toutefois, si les entrées sur le sol français ont été largement réduites, les sorties l’ont été également. C’est donc le point positif à prendre en considération ici : le nombre d’expulsions de personnes en situation irrégulière a diminué de moitié (51,8%). 

 

Malheureusement/heureusement, la situation française n’est pas un cas isolé ; elle s’inscrit dans une tendance européenne plus large, notamment en raison de la fermeture temporaire des frontières de l’Union Européenne. 

 

Raphaëlle Renaudin  

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