Il y a 46 ans, Simone VEIL, ancienne Ministre de la Santé sous la présidence de Valéry GISCARD d’Estaing, proposait une loi qui allait être un tournant dans l’histoire des Droits des Femmes en France : la loi du 17 janvier 1975, relative à l’interruption volontaire de grossesse, autrement dit la Loi Veil 

 

Le droit à l’avortement, aujourd’hui autorisé dans certains pays et menacé dans d’autres, était, déjà à cette époque, un sujet de préoccupation publiqueLe prédécesseur de Simone Veil au Ministère de la Santé, Michel Poniatowski, l’avait d’ailleurs avertie de la nécessité absolue de mettre en place cette réforme.  

Avant la loi Veil, l’appel des 343 « salopes » – le nom en dit long sur la perception des féministes à cette époque – en 1971 a permis à cette lutte de franchir un cap et d’atteindre l’objectif tant attendu 4 années plus tard. Ce texte, signé exclusivement par des femmes, est une déclaration publique informant qu’elles avaient – illégalement donc – eu recours à l’avortement. Elles ont voulu montrer qu’elles n’étaient pas les seules puisque selon ce même texte, 1 million de femmes se faisaient avorter chaque année en France, dans des conditions dangereusesL’ancienne Ministre de la Santé avait bien mesuré les enjeux que cela représentait et savait pertinemment que c’était le moment de franchir un cap. Lors d’une séance au Parlement, où l’hémicycle était composé majoritairement d’hommes, elle prononce ces mots, résonnant encore dans l’esprit des Français.e. s :  

 

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. » 

 

Aujourd’hui, Simone VEIL est morte. Ou peut-être hier. J’ai reçu un télégramme : « Veil décédée. La lutte continue. Sentiments distingués. ». Cela veut tout dire. À l’heure où de grandes avancées ont été réalisées pour les Droits des Femmes, le chemin est encore long. La différence significative qu’il y a entre aujourd’hui et les années 70, c’est qu’aujourd’hui, il y a des millions de Simone Veil, toutes prêtes à faire entendre leur voix et à défendre leurs droits. 

 

 -Ayoub EL KHAOULANI 

 

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