En 2019, les immigrés représentaient 9,9% de la population totale. Sur les 6,7 millions d’immigrés2,5 millions ont acquis la nationalité françaiseVous vous dites sûrement « Encore des chiffres contradictoires avec ce qui a été énoncé auparavant ! ». Étant donné que je me suis fait chier embêté à aller lire les études sur le sujet, je peux vous affirmer que ces chiffres proviennent de l’INSEE et qu’ils datent de 2019. Je pense sincèrement qu’avec ce genre de thématiques, il est essentiel d’énoncer clairement ses sources et ne pas sortir des données à la louche comme certains.  

Pas si grand que cela le « grand remplacement » ! Certains s’imaginaient sans doute un chiffre beaucoup plus élevé. Bonne nouvelle les amis, la France est encore à majorité blanche ! Dit comme ça, ça parait absurde je vous le concède, mais croyez-moi que ça ne l’est pas plus que certains débats télévisuels que je me suis tapé j’ai dû m’infliger pour vous pondre cet article. On est encore bien loin de la théorie du Grand Remplacement, théorie qui, je vous le rappelle, reprend des idées qui étaient déjà d’actualité au début du XXe siècle concernant les populations arméniennes et juives. Pour reprendre les mots de l’historien Grégoire Kauffmann :  

« Cette vision cauchemardesque de la substitution d’un peuple à un autre désigne une peur inscrite de longue date dans l’imaginaire conspirationniste » 

Une peur qui ne date donc pas d’aujourd’hui. Mais sur quoi se fonde-t-elle ? Comment – avec toutes les études dont on dispose aujourd’hui – une frange non négligeable de la population (pas forcément d’extrême droite), continue de voir en l’immigration une sorte de menace ?  

 

 

Un mot résonne souvent dans les débats – parfois houleux – de nos politiques : assimilation. Un mot qui revient régulièrement, mais qui est souvent confondu avec le terme « d’intégration »Or, ce n’est pas la même chose. À la différence de l’intégration, l’assimilation serait un processus très lent, qui se ferait sur plusieurs générations, tandis que l’intégration se fait (doit se faire) dès l’arrivée de l’immigré. Avant de nous plonger dans l’assimilation de ces personnes issues de la dernière vague migratoireintéressons-nous à leur intégration.  

 

Mettez-vous à la place d’une personne qui décide de quitter la France pour un pays où on ne parle pas la même langue, et où il y a des différences culturelles. Comment allez-vous agir si le pays d’accueil ne fait pas ce qu’il faut pour vous intégrer à sa communauté nationale ? Vous vous retrouverez sûrement entre Français dans un bar, dans un parc ou ailleurs. Ce n’est absolument pas un reproche. Moi-même, j’aurais fait pareil, et c’est normal. Vous avez passé une grande partie de votre vie à faire partie d’un groupe, d’une communauté nationale. Vous vous en éloignez. Le premier réflexe que vous avez, c’est de retrouver ce sentiment d’appartenance à un groupe. 

Revenons maintenant en France, et considérons le raisonnement réciproque. Une personne arrive en France, que va-t-elle faire si on ne lui offre pas les possibilités d’apprendre le Français et de vivre dans le même quartier qu’un Français (dès le début j’entends) ? Cette personne va naturellement se rapprocher des gens qui lui ressemblent. Pas parce qu’elle a un projet d’anéantir l’identité française et de remplacer les traditions françaises par celles de son pays, mais parce que nous avons dans notre vie besoin de se sentir appartenir à un groupePas besoin d’en dire plus donc quand on voit que dans certains « territoires perdus de la République », une très grande majorité de ces habitants viennent d’Afrique Subsaharienne ou d’Afrique du Nord, que dans certaines écoles (notamment une que j’ai moi-même côtoyée en primaire), on voit des classes avec très peu de « Corinne ». Le constat est évident : ce sont des écoles à proximité des quartiers populaires. Le plus concertant selon-moi, c’est qu’à cet âge, on n’a pas développé suffisamment notre sentiment d’appartenance à un groupe, on apprend plus rapidement une autre langue et on s’adapte plus vite. Mais comme pour les hôpitaux ou pour la culture, il y a un manque de moyens mis à disposition dans ces écoles.  

Alors certes, cela fait 40 ans qu’on nous présente des projets de loi pour les banlieues – notamment le plan Borloo – mais là encore, cela ne suffit pas. Il existe encore certains endroits en France où on ne sent plus en France, où des boutiques halals ont envahi les rues et où on ne peut plus manger de saucisson tranquillement. Je vous demande juste de me croire quand je vous dis que si les politiques de la ville n’avaient pas mis autant de population de la même origine dans le même secteur, vous pourriez vous balader autant que vous voulez et manger librement du saucisson. Je caricature évidemment, mais le constat reste le même : favorisons la mixité ethnique et la mixité sociale dès le plus jeune âge. Car entre nous, le modèle multiculturel américain est incompatible avec notre République. Ne mettons pas les populations en face les unes des autres, formons un tout, une communauté nationale. 

 

 

Ayoub EL KHAOULANI 

Share Button