Printemps 2015 : l’Europe fait face à une nouvelle vague. Alors non, à ce moment-là, on ne parlait pas encore de la COVID, mais d’une vague migratoire sans précédent. Sans précédent ? Pas vraiment. L’Europe a déjà fait face à des vagues migratoires plus ou moins similaires auparavant, comme par exemple le scandale de Lampedusa. Mais la vague migratoire de 2015 intervient à un moment où l’Europe, en plus d’être fragilisée économiquement, se trouve en pleine crise sécuritaire et politique. Les attentats n’aident pas du tout, et de véritables tensions naissent parfois entre les pays membres de l’Union Européenne 

En 2015, ce sont plus d’un million de réfugiés qui arrivent dans l’espace Schengen, et plus de 20 000 morts. Un véritable scandale humanitaire qui a donné lieu à des débats plus que mouvementés en Europe, et en particulier en France. « La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Hommes, terre d’accueil et d’asile », disait Jacques Chirac 20 ans auparavant. C’est cette France-là qui s’est retrouvée au cœur d’une crise politique majeure, lors d’une année noire, à un moment où celle-ci était en deuil.  

 Il y a un endroit où les dégâts de cette crise étaient plus particulièrement visibles : « la jungle de Calais ». En octobre 2015, d’après le Figaro, on estime qu’il y aurait entre 5 000 et 6 000 réfugiés qui s’y seraient installés dans l’attente de rejoindre le Royaume-Uni. 6 000 migrants dans 4km2 , vivant dans des conditions très difficiles.  

 

Après que l’on a essayé de répartir les migrants dans tout le territoire, la jungle a finalement été démantelée en octobre 2016. Un démantèlement qui a été un scandale selon certains, mais qui a été en réalité le fruit d’un long travail.  

La situation dans la jungle de Calais devenait insoutenable. Il était inhumain de laisser pourrir un si grand nombre de réfugiés dans un si petit territoire. Démanteler le camp dès le début aurait été un scandale. Ne pas le démanteler l’aurait été également. Il fallait le faire au bon moment, c’est-à-dire quand on était sûr de pouvoir offrir à ces populations une place dans les centres pour migrants, ou sûr que leur demande d’asile dans un pays de l’Union Européenne soit acceptée. Parmi les réfugiés de la jungle de Calais, ce sont près de 7 000 personnes qui ont été envoyées vers des centres d’accueil, et environ 42 % d’entre elles qui ont finalement obtenu l’asile. 

 

 

Néanmoins, il y a encore aujourd’hui des migrants dans la jungle de Calais. Certes, un peu moins (environ 600), mais ils y vivent dans les mêmes conditions. Cette crise migratoire ne sera sûrement pas la dernière sur le sol européen. France24 parle des futurs réfugiés climatiques (vers 2050) comme étant la vague migratoire du siècle ! L’Europe sera-t-elle en mesure de faire face à une telle vague ?  

 

 

-Ayoub EL KHAOULANI 

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